Ce chapitre est tiré de la section Identité, membres et histoire de Vies volées.

Ce guide se concentre sur la langue et l'identité dans le contexte des politiques coloniales, plus particulièrement les pensionnats autochtones, qui ont mené à la destruction presque complète des Peuples Autochtones au Canada. Le premier chapitre se concentre sur la première étape du parcours de ‘Face à l'histoire et à nous-mêmes’ : la relation entre l'identité individuelle et les éléments sociaux et culturels qui la façonnent. Ici, nous examinerons les liens entre l'identité, la famille, la religion, l'origine ethnique, notre environnement social et les politiques publiques. Nous examinerons également en quoi l'identité d'une personne peut influencer ses choix, son estime de soi et ses liens avec les autres. Finalement, ce chapitre examine certains défis auxquels les trois groupes autochtones reconnus par la loi, les Premières Nations, les Métis et les Inuits, doivent faire face lorsqu'il est question de préserver leur identité traditionnelle.

La réponse à la question « Qui suis-je » définit notre identité individuelle. Mais notre réponse est souvent complexe, car nous avons tous plus d'une identité. Nous sommes membres de notre communauté et de notre ethnicité particulière, nous avons des affiliations religieuses (ou laïques), et nous parlons différentes langues; ainsi, la question « Qui suis-je? » est étroitement liée à d'autres questions, notamment « Qui sommes-nous? » Tous ces facteurs contribuent à notre identité complexe à différents moments. De plus, de nombreuses personnes perçoivent leur identité comme une chose qu'elles peuvent créer elles-mêmes. Par conséquent, il est important de songer à la part de notre identité qui est le résultat de nos propres choix et de la part qui est façonnée par des facteurs hors de notre contrôle. Dans le contexte canadien, il faut également tenir compte de deux facteurs uniques : les effets des pensionnats, qui étaient conçus de manière à refaçonner les identités autochtones à l'image des personnes blanches d'origine européenne, et le système juridique, qui définit les Peuples Autochtones comme des nations distinctes ayant un lien particulier avec la Couronne. Cela a été réaffirmé dans la constitution de 1982.

Ici, nous nous concentrons sur la langue et son influence sur l'identité. La langue peut aider à créer un sentiment d'identité commune et d'appartenance. En effet, la langue que nous parlons nous relie souvent à une expérience commune, à un passé commun et à une culture commune. Lorsqu'une langue disparaît, ces liens peuvent être brisés. Autrement dit, lorsque les gens ne peuvent pas apprendre la langue de leur communauté traditionnelle, ils trouvent difficile d'établir une connexion avec la religion, la culture et l'histoire de leurs ancêtres.

Comme il a été relevé en 2011, il y a plus de 60 langues autochtones au Canada, regroupées en 12 familles de langues distinctes.1 Les lois canadiennes reconnaissent seulement trois groupes autochtones définis de façon assez large, ce qui fait que cette grande variété de langues est peut-être plus révélatrice de la diversité au sein de la population autochtone. Cependant, plusieurs de ces langues sont à risque; certaines ne comptent plus qu'une poignée de locuteurs encore en vie. Certaines ne sont plus parlées du tout. Les critiques affirment que très peu de mesures sont prises pour garder ces langues vivantes.

Questions directrices

  1. Quels facteurs façonnent notre identité individuelle ou collective?
  2. Quel est le rôle joué par la langue pour façonner l'identité des gens? En quoi la perte d'une langue peut-elle influencer les membres du groupe qui la parlaient jadis? En quoi la perte d'une langue et d'une culture influence-t-elle les choix des gens?
  3. Quelle est la relation entre la langue, le paysage et le territoire? Comment le territoire contribue-t-il à forger un sentiment d'identité?

Citations

  • Premières Nations : Les Premières Nations vivent en Amérique du Nord depuis des dizaines de milliers d'années. Aujourd'hui, le terme fait référence aux quelque 617 communautés différentes, traditionnellement formées d'environ 400 personnes. Ces nations affichent une grande richesse et une grande diversité d'identités, de cultures et de coutumes. Plusieurs voient l'Amérique du Nord comme leur patrie traditionnelle et ne reconnaissent pas certains aspects de la souveraineté des États-Unis et du Canada. Avec les Métis et les Inuits, les Premières Nations font partie d'un plus grand groupe officiellement appelé Peuples Autochtones du Canada.
  • Métis : Le terme décrit de façon générale les descendants d'ancêtres européens et des Premières Nations. Au sens plus restreint, Métis fait seulement référence aux descendants des peuples des Premières Nations et des colons français au Manitoba. L'histoire des Métis est le reflet du brassage culturel des différentes façons de vivre pendant la période de la traite des fourrures en Amérique du Nord au dix-septième et au dix-huitième siècles. Éventuellement, ces descendants ont développé une langue, une culture et des traditions différentes.
  • Inuits : Le terme Inuit fait référence au sens large aux peuples autochtones de l'Alaska, du Canada et du Groenland. Inuit signifie « gens », « humains » ou « personnes » et la langue parlée dans l'Arctique canadien est l'Inuktitut. Pendant des siècles, ces communautés se sont appuyées sur leurs ressources naturelles, leurs dirigeants forts, des outils novateurs et leurs aptitudes pour survivre dans l'Arctique. Aujourd'hui, les communautés inuites du Canada vivent dans l'Inuit Nunangat, la patrie des Inuits, et la région est divisée en quatre territoires.
  • autochtones : Terme dont l'étymologie est liée au terme latin du milieu du dix-septième siècle aborigines, qui signifie « premiers habitants ». Autochtone est le terme juridique privilégié au Canada pour le grand groupe diversifié des Premières Nations, des Métis et des Inuits.
  • constitution : La constitution du Canada a été signée en 1982 et affirme les droits préexistants des Autochtones : l'Article 35 de la loi constitutionnelle de 1982 reconnaît et protège les droits accordés aux Peuples Autochtones dans la proclamation royale et les traités subséquents. Bien que la constitution reconnaisse des droits comme l'exploitation forestière, la pêche, la chasse et les droits territoriaux, elle n'a pas statué sur l'autonomie gouvernementale autochtone. Cependant, au cours des dernières années, le gouvernement canadien a adopté des politiques qui reconnaissent le principe du droit à l'autonomie gouvernementale comme il est stipulé dans les traités.
  • Autochtones : Terme dont l'étymologie est liée au terme latin du milieu du dix-septième siècle aborigines, qui signifie « premiers habitants ». Autochtone est le terme juridique privilégié au Canada pour le grand groupe diversifié des Premières Nations, des Métis et des Inuits.
  • 1 : « Les langues autochtones au Canada », site Web de Statistique Canada, consulté le 22 septembre 2014.

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