Graphic from cover of "Stolen Lives: The Indigenous Peoples of Canada and the Indian Residential Schools."
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Excuses

Renseignez-vous sur les excuses présentées aux Peuples Autochtones par le gouvernement et les églises du Canada, et examinez le rôle des excuses dans la justice transitionnelle.

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This resource is intended for educators in Canada who are teaching in French. Cette ressource est destinée aux enseignants en Canada qui enseignent en langue Française.

At a Glance

Chapter

Language

French — CA

Grade

6–12
  • Genocide

Overview

About This Chapter

En quoi les excuses peuvent-elles aider une société à passer à un avenir plus paisible? Dans ce chapitre, nous commençons à réfléchir à la justice transitionnelle au Canada en nous concentrant sur les excuses offertes par le gouvernement canadien et les églises du Canada.

  1. Que sont les excuses et que peuvent-elles apporter?
  2. En quoi les excuses peuvent-elles aider une société à passer à un avenir plus paisible?
  3. Est-ce suffisant de dire que vous êtes désolé? À part les excuses, qu'est-ce qui pourrait être nécessaire dans un processus de réparation des injustices passées?

This chapter is from the Par la suite section of the Vies volées and includes: 

  • 3 readings
  • Connection questions

Dans notre zèle de vouloir partager avec vous la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, nous n'avons pas reconnu la valeur de votre spiritualité. Nous avons confondu les mœurs et la culture de l'Occident avec la profondeur, la largeur, la longueur et la hauteur de l'Évangile du Christ... Nous avons essayé de vous façonner à notre image et ce faisant nous avons contribué à détruire cette vision qui faisait de vous précisément ce que vous étiez. Par conséquent, vous et nous sommes tous deux appauvris et l'image du Créateur en nous est déformée, embrouillée et nous ne sommes pas ce que Dieu voudrait que nous soyons. –Excuses de l'Église Unie aux Premières Nations, 1986 1

Par quels moyens un gouvernement peut-il se faire pardonner son oppression envers ses propres citoyens? Cette question a fait l'objet de nombreuses discussions après les épisodes de violation des droits de la personne et les génocides à grande échelle. Dans certains cas, comme l'Holocauste, la communauté internationale a mis en place un processus juridique pour traduire les auteurs en justice. À d'autres endroits, comme le Chili, le gouvernement a mis en place des commissions nationales pour enquêter sur les crimes commis par d'anciens dictateurs et offrir réparation aux victimes.

Ce processus, appelé justice transitionnelle, comprend souvent des excuses et des Commissions de vérité et réconciliation (le sujet du prochain chapitre). L'objectif de ces éléments de justice transitionnelle est de faire la lumière sur les crimes du passé et, dans certains cas, de condamner les auteurs de ces crimes, mais également d'aider les groupes touchés par le conflit à envisager un avenir plus paisible.

En 1969, le gouvernement Trudeau a annoncé une nouvelle politique connue sous le nom de Livre blanc. (Pour en savoir plus sur la politique, voir le chapitre 8.) La politique visait à mettre fin à tous les traités et accords conclus avec les groupes des Premières Nations au Canada, en commençant par la Proclamation royale de 1763, et d'intégrer les membres de ces groupes en tant que Canadiens ordinaires, en ignorant par le fait même leurs droits reconnus sur le plan juridique à l'autonomie culturelle et à l'auto-gouvernance en vertu des traités et de la Proclamation royale. 2 Le gouvernement a rapidement fait face à une opposition grandissante envers cette politique et a été forcé de retirer la politique. De plus, dans les années 1970 et au début des années 1980, de nombreux cas de la Cour suprême et accords ont maintenu les droits relatifs aux terres et traités que les Premières Nations avaient signés avec le gouvernement des décennies plus tôt. 3

Bien que l'Église unie ait été la première à réagir et à s'excuser en 1986 pour son rôle dans la direction des pensionnats, les écoles et leurs effets tragiques sur leurs élèves n'ont pas été reconnus par les principaux acteurs qui les dirigeaient : les ordres catholiques et l'Église anglicane. Ces deux acteurs ont été lents à réagir au mouvement de changement et, préoccupés par les conséquences juridiques et financières de toute admission de tort, ils sont restés silencieux.

Cependant, un témoignage choquant livré en octobre 1990 a brisé le silence qui enveloppait les abus commis dans les pensionnats. Phil Fontaine, alors Grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba, a décidé de parler de son expérience dans un pensionnat à Fort Alexander. À la télévision nationale, le chef à la voix douce a parlé d'une réunion avec l'Archidiocèse catholique romain de St-Boniface (Manitoba) pendant laquelle il a décrit les abus physiques, psychologiques et sexuels à grande échelle commis dans les pensionnats, et a exigé une enquête exhaustive. 4 Il a demandé que l'église crée un comité pour enquêter sur les allégations d'inconduite sexuelle de son clergé. 5 Ce n'était pas la première fois que de telles allégations faisaient surface (le sujet faisait parfois l'objet de discussions dans les conversations privées entre anciens élèves des pensionnats). Mais cette fois, les répercussions étaient différentes. Les médias ont repris l'histoire de M. Fontaine et elle a été présentée dans de nombreux médias importants. Une avalanche de confessions a suivi, et les histoires de plusieurs élèves victimes d'abus, que l'on appelle maintenant des Survivants et Survivantes , ont été révélées au grand jour. Les églises ont rapidement été forcées de reconnaître les gestes commis dans le passé. Avec prudence, certains disent même avec réticence, elles ont offert leurs excuses.

  • 1« Excuses aux peuples des Premières Nations (1986) », site Web de l'Église Unie du Canada, consulté le 17 novembre 2014.
  • génocides génocides: En 1944, Raphael Lemkin a créé le terme génocide pour décrire la destruction intentionnelle et systématique d'un groupe racial, politique ou culturel. L'étymologie du terme génocide vient du mot grec genos, qui signifie « race » et du mot cide, qui signifie « détruire ». Il a été défini juridiquement dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 (la Convention sur le génocide). Lorsque le gouvernement canadien a ratifié la Convention sur le génocide de façon sélective en 1952, des éléments essentiels de la Convention en étaient exclus. De nombreux leaders, activistes et politiciens autochtones ont demandé publiquement au gouvernement canadien de reconnaître le système de pensionnats autochtones comme un génocide.
  • Commissions de vérité et réconciliation Commissions de vérité et réconciliation: Les commissions de vérité et réconciliation sont devenues courantes depuis les années 1970. Elles sont le reflet d'une tendance mondiale à accorder une plus grande attention aux violations de masse des droits de la personne. La plus grande partie du travail d'une commission est axée sur les crimes commis par un gouvernement contre ses propres citoyens. Depuis les années 1970, il y a eu au moins 40 commissions de vérité et réconciliation dans le monde, et certaines sont encore actives aujourd'hui. Les commissions de vérité comportent un processus multidimensionnel conçu pour aider les victimes à surmonter l'injustice et le traumatisme historiques et à se réconcilier avec les personnes qui leur ont fait du mal. Faisant partie de ce que les experts appellent la justice transitionnelle, les commissions de vérité et réconciliation comprennent habituellement des éléments de recherche de la vérité, de justice et de réconciliation. Établie en vertu de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, la Commission du Canada a commencé à recueillir les témoignages des Survivants et Survivantes et l'information historique connexe en 2010. Dans un effort pour rendre cette information publique, les archives de la Commission ont été ouvertes en 2014. La Commission de vérité et réconciliation du Canada a publié son rapport final, Honorer la vérité, réconcilier pour l'avenir, le 3 juin 2015.
  • traités traités: Un traité est un accord juridiquement contraignant entre deux nations souveraines. Au Canada, différents traités entre les Premières Nations et la Couronne britannique ont été signés au fil des décennies. L'intention de plusieurs traités était de créer un système au sein duquel les Premières Nations allaient partager le territoire avec la société colonisatrice, tout en conservant leur autonomie et leurs droits inhérents au territoire et aux ressources.
  • Premières Nations Premières Nations: Les Premières Nations vivent en Amérique du Nord depuis des dizaines de milliers d'années. Aujourd'hui, le terme fait référence aux quelque 617 communautés différentes, traditionnellement formées d'environ 400 personnes. Ces nations affichent une grande richesse et une grande diversité d'identités, de cultures et de coutumes. Plusieurs voient l'Amérique du Nord comme leur patrie traditionnelle et ne reconnaissent pas certains aspects de la souveraineté des États-Unis et du Canada. Avec les Métis et les Inuits, les Premières Nations font partie d'un plus grand groupe officiellement appelé Peuples autochtones du Canada.
  • 2Selon le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (1996), « Les conceptions autochtones de l'autonomie gouvernementale sont aussi variées que les traditions, les circonstances et les aspirations de chaque peuple. Les Peuples Autochtones de tout le Canada ont soumis une foule de propositions détaillées en vue de l'autonomie gouvernementale. La Commission a défini [plusieurs] modèles de base qui comportent chacun de nombreuses variantes. Ces modèles sont tous réalistes et applicables dans le cadre de la fédération canadienne ». Voir « Points saillants du rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones », site Web d'Affaires autochtones et du Nord Canada, consulté le 19 mars 2015.
  • 3Alan D. McMillan and Eldon Yellowhorn, First Peoples in Canada (Madeira Park, BC: Douglas and McIntyre, 2013), 323–326.
  • 4« Phil Fontaine’s Shocking Testimony of Sexual Abuse », archives numériques de la CBC, consultées le 17 novembre 2014.
  • 5Eric Taylor Woods, The Anglican Church of Canada and the Indian Residential Schools: A Meaning-Centred Analysis of the Long Road to Apology (dissertation, London School of Economics, 2012), 72–75.
  • Survivantes Survivantes: Ce terme a d'abord été utilisé pour parler des personnes qui ont survécu à l'Holocauste et à d'autres génocides; plusieurs personnes estiment que les élèves des pensionnats partagent des symptômes semblables à ceux d'autres Survivants et Survivantes, notamment le détachement émotif, la culpabilité et le trouble de stress post-traumatique. Utilisé pour la première fois dans les années 1990 pour parler des expériences des élèves autochtones dans le système de pensionnats, le terme fait également référence aux anciens élèves de ces écoles, des personnes qui ont été victimes de négligence, et de violence physique et sexuelle de la part de leurs supposés enseignants et instructeurs.

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