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Pour commencer: Vies Volees

Lisez une préface de Théodore Fontaine ainsi que d’autres documents d’introduction qui vous aideront à commencer à explorer ce livre.
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This resource is intended for educators in Canada who are teaching in French. Cette ressource est destinée aux enseignants en Canada qui enseignent en langue Française.

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French — CA
  • Culture & Identity
  • Human & Civil Rights

Introduction

Les mots et les silences

Pourquoi les Peuples Autochtones au Canada ne peuvent-ils passer par-dessus les pensionnats autochtones? Pourquoi ne peuvent-ils pas seulement continuer à vivre leur vie? Les aînés autochtones, les Survivants et Survivantes des pensionnats autochtones et l'auteur Theodore Fontaine affirment que ces demandes de « simplement passer par-dessus » constituent « un déni sociétal de cinq siècles de colonisation » répandu 1 . Malgré les preuves de plus en plus nombreuses de la nature destructrice du processus de colonisation, et malgré les protestations croissantes des Peuples Autochtones et de plusieurs de leurs alliés, certaines personnes continuent de nier le passé violent et douloureux du Canada.

On peut citer de nombreux exemples de ce que M. Fontaine appelle le déni sociétal. En fait, jusqu'à très récemment, de nombreux manuels ignoraient dans une grande mesure la présence des Peuples Autochtones rencontrés par les Européens en Amérique du Nord ou les traitaient comme des gens nuisibles qui pouvaient être facilement corrompus ou 2 . La principale idée derrière ces déclarations de déni était que le Canada est un pays qui a été « découvert » par les Européens qui sont tombés sur un territoire vaste et vide. Les auteurs du Rapport de la commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones (Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba) expliquent :

La prémisse de base est que le premier à déclarer avoir « découvert » une région inhabitée qui ne fait l'objet d'aucune autre revendication obtient automatiquement la souveraineté territoriale. À l'origine, la doctrine était limitée à la terra nullius, littéralement une zone aride et désertée, comme l'indique l'éminent universitaire anglais du domaine de la common law... Le concept de terra nullius a été élargi plus tard... pour inclure tout territoire dépourvu d'une société « civilisée ». Afin de refléter la volonté coloniale, le Nouveau Monde... [a alors été inclus] dans cette définition élargie. 3

Ce guide porte sur ces questions : la puissance positive et négative des mots et des silences pour façonner le paysage social et naturel, pour déplacer des identités ou en créer de nouvelles, et pour écrire les histoires qui servent à certains et déshumanisent les autres. Les idées comme le concept de terra nullius servent à montrer la puissance des mots pour effacer les événements du passé et refaçonner la mémoire du colonialisme européen. 4 « Les mots et les silences sont puissants. Ils chassent ensemble, se nourrissent mutuellement », écrit l'universitaire sud-africain Sven Ouzman. « Le pouvoir des mots est grand, mais celui des silences l'est encore plus. Les silences sont les ennemis de la mémoire. » 5 De plus, « les mots et les silences sont rarement neutres », soutient M. Ouzman, et les gens qui ont vécu l'interaction avec les colonisateurs européens connaissaient souvent « le pouvoir d'exclusion des mots et des silences »; ils ont le pouvoir d'attribuer des identités et d'écrire une version de l'histoire au service des puissants. 6 Le premier geste colonialiste a probablement été un geste linguistique : en appelant les Peuples Autochtones de l'Amérique du Nord des Indiens, les Occidentaux les ont tous déplacés sur un autre continent, tout en leur refusant leur identité en tant que membres de nations spécifiques.

La chercheuse métisse Tricia E. Logan nous rappelle que les histoires nationales sont étroitement liées aux identités nationales, que les histoires nationales créent une mémoire commune, qui à son tour, façonne la compréhension qu'une nation a d'elle-même et de son identité. De plus, Mme Logan et de nombreuses autres personnes insistent sur le fait qu'il est impératif de modifier l'histoire perçue du Canada parce que cette version n'est pas vraie, mais aussi parce que l'inclusion de voix autochtones peut aider à refaçonner et à corriger l'identité nationale du Canada. 7 Ces militants affirment que si les Peuples Autochtones font vraiment partie du Canada, leur histoire doit être incluse dans une nouvelle histoire exhaustive. 8 Ainsi, pour les Autochtones et leurs communautés, le passé ne peut pas simplement être le passé : ils sont nombreux à avoir une version très différente de l'histoire du Canada. Cette version comprend une vision des groupes autochtones en tant que nations en premier lieu, puis comme Canadiens ensuite. La demande d'être perçus comme des nations distinctes n'est pas simplement un reflet de la façon dont les Peuples Autochtones vivent leur identité; elle est plutôt fondée sur une série d'accords dont le premier est la Proclamation royale de 1763, où la Couronne les a reconnus en tant que nations indépendantes.

Lieux de désapprentissage

De nombreux chercheurs reconnaissent que des parties de la destruction coloniale des terres et du mode de vie autochtones n'étaient pas officiellement planifiées. Le développement du commerce mondial, l'industrialisation et l'urbanisation, ainsi que les nouvelles semences et les nouveaux animaux, parmi de nombreux facteurs, ont détruit le commerce de la fourrure et ont rendu les structures sociales et économiques des Autochtones inefficaces. 9 Au moins quelques-uns de ces facteurs faisaient partie de ce qu'Alfred W. Crosby a appelé l'échange colombien il y a plusieurs années. Cet échange entre les populations autochtones et les Européens s'étendait à presque tous les aspects de la vie (notamment les aliments, le bétail, la langue, les instruments, les technologies...) et a modifié de façon profonde et négative l'écologie des Amériques. Selon M. Crosby, les maladies comme la variole, la rougeole, la malaria et la fièvre jaune ont été encore plus catastrophiques pour les populations autochtones des Amériques qui n'y avaient jamais été exposées. Ces populations n'avaient aucune résistance immunologique contre ces maladies. Lorsque les Européens ont apporté ces pathogènes à terre, des millions de personnes ont été infectées et sont mortes rapidement. 10 Sur la population estimée de 50 à 100 millions de non-Européens qui vivaient dans les Amériques avant le contact, seulement 5 % avaient survécu au commencement du 20e siècle. 11

Cependant, il n'est pas correct d'ignorer les choix des colons et leurs conséquences catastrophiques sur les Peuples Autochtones au Canada. Comme l'affirment Christopher Powell et Julia Peristerakis, plusieurs de ces processus destructeurs faisaient partie de politiques bien documentées dont l'objectif ultime était de détruire les Peuples Autochtones et de faire de la place aux colons européens. Pour ne citer que les exemples les plus évidents, on peut parler de la construction du chemin de fer du Pacifique dans les années 1880, qui a mené au déplacement de milliers de personnes et à la destruction de leurs terres de chasse; l'abattage intentionnel de millions de bisons, qui a mené à la destruction du principal élément de survie pour de nombreux Peuples Autochtones; et l'expulsion de fermiers métis prospères de leurs terres qui étaient convoitées par les colons européens. 12 Presque toutes les communautés autochtones, nomades ou sédentaires, ont été déplacées; leur mode de vie traditionnel a été détruit et leurs croyances religieuses, coutumes et systèmes sociaux vieux de plusieurs siècles ont été pratiquement éradiqués. Daniel Paul nous rappelle qu'il « faut souligner que la destruction [coloniale] a réussi de façon universelle : sur les centaines de civilisations bien implantées qui existaient dans les Amériques en 1492, aucune n'a survécu intacte jusqu'à aujourd'hui ». 13

Le massacre de masse des bisons, la colonisation à grande échelle de l'Ouest, le retrait forcé des Prairies et plus tard des régions arctiques, l'interdiction des cérémonies traditionnelles, le remplacement de la gouvernance traditionnelle par des formes de gouvernance occidentales, la dégradation du statut des femmes, la discrimination et la ségrégation, et une éducation de deuxième ordre et traumatisante ont tous fait partie des politiques officielles. Après la deuxième moitié du 19e siècle, ces politiques étaient conçues de façon claire et systématique pour d'abord déplacer les communautés autochtones qui faisaient obstacle aux conquêtes et à la colonisation européennes, puis pour détruire les cultures autochtones et les refaçonner à leur image : des Occidentaux christianisés et civilisés. Par conséquent, on peut dire sans risquer de se tromper que la destruction physique presque totale des Peuples Autochtones a été l'effet direct des maladies apportées par les Européens, mais qu'elle a également été intentionnelle, puisque les gouvernements successifs connaissaient bien les conséquences de leurs politiques.

La résistance persistante à faire face au passé ignore, plus particulièrement, l'histoire des pensionnats autochtones. Ces écoles, selon l'aveu même des colons, peuvent être vues comme une campagne délibérée visant à faciliter la colonisation des terres et à façonner les esprits des Autochtones selon le mode de vie occidental, ainsi qu'à détruire tous les liens avec les nations, les cultures et les traditions autochtones. En 1938, à l'apogée des pensionnats autochtones, le directeur d'école Rev. A. E. Caldwell a écrit à l'agent des Indiens P. D. Ashbridge d'Ahousat, en Colombie-Britannique. Dans cette lettre, il déclare :

Le problème avec les Indiens concerne la morale et la religion. Ils n'ont pas les principes fondamentaux de la pensée et de l'esprit civilisés, ce qui explique leur nature et leur comportement enfantins. Dans notre école, nous nous efforçons de les transformer en chrétiens matures qui vont apprendre comment se comporter dans le monde et renoncer à leur mode de vie barbare et à leurs droits issus de traités qui les maintiennent coincés sur leurs terres et dans une existence primitive. C'est alors seulement que le problème indien dans notre pays sera résolu. 14

M. Caldwell, comme de nombreux Européens à cette époque, suggérait que le « problème indien » pourrait seulement être réglé lorsque les Peuples Autochtones au Canada seraient « libérés » du poids de ce qu'il appelait leur mode de vie primitif. Cette idée perverse a été publiquement reconnue comme l'une des justifications des pensionnats autochtones : civiliser, christianiser, libérer. La Commission royale de 1996 résume les pensionnats autochtones de la façon suivante :

Les pensionnats étaient ni plus ni moins qu'une tentative de gouvernements successifs pour orienter le destin des Autochtones au Canada en s'appropriant et en manipulant leur avenir par l'intermédiaire des milliers d'enfants qu'ils ont extirpés de leurs foyers et de leurs villages pour les confier à la garde d'étrangers. Les enseignants et le personnel étaient en effet des étrangers pour les enfants, et selon Hayter Reed, haut fonctionnaire du ministère dans les années 1890, « ils devaient lutter par tous les moyens contre tout ce qui pouvait entretenir dans la mémoire des enfants des habitudes et des souvenirs que la formation industrielle a justement pour objet de faire disparaître ». À la fin de leurs études dans les pensionnats, les enfants, après avoir été resocialisés et baignés dans les valeurs de la culture européenne, seraient les prototypes d'une magnifique métamorphose : le « sauvage » devenu civilisé, prêt à accepter ses privilèges et ses responsabilités de citoyen. Hélas, le bel avenir qu'on envisageait n'a rien eu de rose pour les pensionnaires de ces écoles, pour les générations qui suivirent, pour les communautés autochtones et même pour l'ensemble des Canadiens. 15

Autrement dit, les pensionnats autochtones n'étaient pas des lieux d'apprentissage. Ils étaient, comme le confirment des centaines de témoignages, des lieux de désapprentissage : le désapprentissage forcé et la destruction des langues maternelles, des valeurs communautaires, des croyances traditionnelles, des pratiques spirituelles et des identités collectives. Rosa Bell, Survivante du pensionnat Port Alberni en Colombie-Britannique, parle de la destruction délibérée des langues :

Le gouvernement voulait nous transformer en homme blanc. Nos cellules familiales culturelles étaient brisées. De plus, devenir « blanc» signifiait parler anglais. Puisque mes parents avaient également fréquenté un pensionnat, ils ne voyaient pas la nécessité de nous enseigner notre langue. L'agent des Indiens leur avait dit de ne pas parler à leurs enfants en langue haïda, car cela ne les aiderait pas à l'école. Mes parents parlaient l'haïda avec les autres adultes, mais n'ont pas fait beaucoup d'efforts pour me l'enseigner. Ma grand-mère me parlait toujours en haïda, et j'essayais de comprendre, mais c'était devenu une langue étrangère. 16

Selon le recensement canadien de 2011, sur les 60 langues autochtones qui ont survécu au colonialisme, seules le Cri, l'Ojibwé et l'Inuit ont maintenant une chance d'être parlés par les générations futures. 17 Bien entendu, la langue à elle seule ne constitue pas une culture ou une vision du monde. Les gens qui parlent des langues différentes peuvent partager une vision du monde commune. À titre d'exemple, les colons français et britanniques parlaient des langues européennes différentes, mais partageaient des visions du monde très semblables. De la même façon, des gens qui parlent la même langue, des Autochtones et des non-Autochtones, par exemple, peuvent avoir des visions du monde très différentes, notamment une opinion divergente à savoir si les Peuples Autochtones sont des Canadiens ou non. Certains Peuples Autochtones se voient d'abord comme des membres de leur Première Nation. 18 Mais la langue est un élément important d'une culture; elle peut incarner et transmettre la vision du monde des gens qui la parlent. Comme l'indiquent des milliers de témoignages d'Autochtones, la mort d'une langue annonce la mort d'une culture et des façons dont ses locuteurs interagissent avec les autres et interprètent leur monde.

Génocide

Les vêtements et les coiffures de style occidental que les enfants des pensionnats autochtones devaient porter (vers 1900) contrastent fortement avec la façon traditionnelle de s’habiller de leur père. Des représentants du gouvernement ont vraisemblablement mis en scène cette photographie pour illustrer l’assimilation des plus jeunes dans la culture canadienne. 

Dans les années 1990, des chercheurs sur les pensionnats comme James R. Miller et de nombreux leaders autochtones ont commencé à affirmer que les efforts du gouvernement canadien pour assimiler les Peuples Autochtones dans les pensionnats autochtones incarnaient le principe du génocide culturel : l'intention de détruire les Peuples Autochtones au Canada en tant que groupe culturel distinct. 19 D'autres chercheurs ont réfuté cette affirmation en soulignant que la destruction culturelle d'un groupe ne fait pas partie de la version finale de la Convention sur le génocide des Nations Unies. 20 Ce débat s'est poursuivi et on peut dire qu'il s'est enflammé. Quelle est la bonne façon d'aborder la destruction presque complète des Peuples Autochtones, de leurs langues et de leurs cultures? Si l'on exclut les causes naturelles, quelle est la responsabilité du gouvernement dans ce processus? Et qu'est-ce que les Peuples Autochtones auraient à gagner si le Canada incluait le génocide culturel dans les autres génocides qu'il reconnaît officiellement? (Pour en savoir plus sur ce débat, voir le Chapitre 7.)

Pour Raphael Lemkin, le juriste juif polonais qui a créé le terme génocide, la destruction culturelle d'un groupe était aussi grave que l'anéantissement physique de ses membres. Au début des années 1930, M. Lemkin a fait de grands efforts pour élargir sa définition du crime qu'il a plus tard appelé génocide au-delà de la destruction physique des humains. Il a affirmé dans un article datant de 1933 : « Notre héritage tout entier est le produit des contributions de toutes les nations ». Pour lui, la destruction des groupes culturels était, en fait, une agression contre l'humanité elle-même si, dans les faits, l'humanité est la somme de toutes les cultures du monde. Il a également ajouté un autre élément à sa notion de destruction d'un groupe : la « destruction systématique et organisée de l'art et de l'héritage culturel dans lesquels le génie unique et les réalisations d'une collectivité sont révélés dans les domaines de la science, de l'art et de la littérature ». Il a donné le nom de « vandalisme » à cette dévastation culturelle. (Lemkin a jumelé le terme au crime de barbarisme, soit la destruction physique des groupes.) 21

Il a continué à utiliser le même argument dans son ouvrage Le règne de l'Axe en Europe occupée :

Le monde représente seulement la somme de culture et de vivacité intellectuelle qui est créée par les groupes nationaux qui en font partie. Essentiellement, le concept de nation signifie une collaboration constructive et des contributions originales, en fonction de traditions authentiques, d'une culture authentique et d'une psychologie nationale bien développée. Par conséquent, la destruction d'une nation entraîne la perte de sa contribution future au monde... Parmi les caractéristiques de base qui ont marqué la progression de la civilisation, on compte le respect et l'appréciation des caractéristiques et des qualités nationales que les différentes nations apportent au monde, des caractéristiques et des qualités qui... ne sont pas mesurées en termes de puissance ou de richesse nationale ». 22

L'un des thèmes de ce guide est le pouvoir de la langue. L'argument passionné de M. Lemkin nous rappelle encore une fois que les mots sont importants. Le débat sur le génocide est parfois technique et complexe, mais cela ne doit pas nous détourner de l'urgence du débat. Pourquoi ce sujet doit-il tous nous concerner? Que signifie-t-il pour nous tous, Autochtones et non-Autochtones?

En 2015, le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation mandatée par le gouvernement fédéral parle du génocide des pensionnats :

Pendant plus d’un siècle, les objectifs centraux de la politique indienne du Canada étaient les suivants : éliminer les gouvernements autochtones, ignorer les droits des Autochtones, mettre fin aux traités conclus et, au moyen d’un processus d'assimilation, faire en sorte que les peuples autochtones cessent d’exister en tant qu’entités légales, sociales, culturelles, religieuses et raciales au Canada. L’établissement et le fonctionnement des pensionnats ont été un élément central de cette politique, que l’on pourrait qualifier de « génocide culturel ». . . Un génocide culturel est la destruction des structures et des pratiques qui permettent au groupe de continuer à vivre en tant que groupe. Les États qui s’engagent dans un génocide culturel visent : à détruire les institutions politiques et sociales du groupe ciblé... Des langues sont interdites. Des chefs spirituels sont persécutés, des pratiques spirituelles sont interdites et des objets ayant une valeur spirituelle sont confisqués et détruits. Et pour la question qui nous occupe, des familles à qui on a empêché de transmettre leurs valeurs culturelles et leur identité d’une génération à la suivante. 23

Le rapport conclut que « Dans ses rapports avec les peuples autochtones, le Canada a fait tout cela ». 24 Selon la compréhension de Lemkin, la destruction des modes de vie traditionnels autochtones constituait un crime contre tout le monde : contre la diversité des sociétés humaines, et contre l'humanité dans son ensemble. Les mots puissants de Theodore Fontaine illustrent cette perte terrible : « Le Canada... a perdu pour toujours les riches ressources et générations des ses Premières Nations. L'ingéniosité et la créativité de jeunes esprits ont été éteintes, tout ce grand talent potentiel n'a jamais pu se développer, et le caractère et l'intégrité des sociétés autochtones fondées sur des valeurs et des principes précieux ont pratiquement été détruits ». 25 Voilà pourquoi cet enjeu nous concerne tous.

  • 1Theodore Fontaine, “Foreword,” in Colonial Genocide and Indigenous North America, ed. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto, and Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), vii.
  • 2Verna J. Kirkness, “Prejudice about Indians in Textbooks,” Journal of Reading 20 (1977), 595–600; Penney Clark, “Images of Aboriginal People in British Columbia Canadian History Textbooks,” Canadian Issues (Fall 2006), 47–51. For more about the peacefulness and ease of the settlement, see Riders of the Plains: A Record of the Royal North-West Mounted Police of Canada, 1873–1910 (Edmonton: Hurtig), xviii–ix, quoted in Walter Hildebrandt, Views from Fort Battleford: Constructed Visions of an Anglo-Canadian West (University of Regina, 2008), 34.
  • 3Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba, Chapter 5: Aboriginal & Treaty Rights, accessed April 24, 2015.
  • 4Jennifer Henderson and Pauline Wakeham, “Colonial Reckoning, National Reconciliation: Aboriginal Peoples and the Culture of Redress in Canada,” English Studies in Canada 35 (2009), 1.
  • 5 Sven Ouzman, “Silencing and Sharing Southern African Indigenous and Embedded Knowledge,” in, Indigenous Archaeologies: Decolonising Theory and Practice, ed. Claire Smith and H. Martin Wobst (London: Routledge, 2005), 208.
  • 6Sven Ouzman, “Silencing and Sharing Southern African Indigenous and Embedded Knowledge,” in, Indigenous Archaeologies: Decolonising Theory and Practice, ed. Claire Smith and H. Martin Wobst (London: Routledge, 2005), 208.
  • 7 Textbooks have been changing in the past two decades to reflect this point of view. Citation 8: Tricia E. Logan, “Memory, Erasure, and National Myth,” in Colonial Genocide in Indigenous North America, ed. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto, and Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), 149–150.
  • 8Tricia E. Logan, « Memory, Erasure, and National Myth », dans Colonial Genocide in Indigenous North America, éd. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto et Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), 149–150.
  • 9 Robbie Ethridge, “Global Capital, Violence, and a Colonial Shatter Zone,” in Colonial Genocide in Indigenous North America, ed. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto, and Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), 52.
  • 10 For a short version of the thesis, see Alfred W. Crosby, “Virgin Soil Epidemics as a Factor in the Aboriginal Depopulation in America,” The William and Mary Quarterly 33 (1976), 289–299.
  • 11 The estimates of the pre-Columbian population have been studied by many scholars. In recent years the numbers have been revised upward quite dramatically. Alan Taylor argued that most scholars think as many as 50 million people lived in the Americas and 2–10 million lived north of the Rio Grande before contact. See Alan Taylor, American Colonies: The Settling of North America (New York: Viking Penguin, 2002), 40. Charles C. Mann discusses the assumption of a 95% death rate (or 5% survival rate) in his book 1491: New Revelations of the Americas Before Columbus (New York: Vintage Books, 2006), 113–14. See also David E. Stannard, American Holocaust: The Conquest of the New World (New York: Oxford University Press, 1992), 51, 101, 267–8.
  • 12Christopher Powell and Julia Peristerakis, “Genocide in Canada,” in Colonial Genocide in Indigenous North America, ed. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto, and Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), 75–86.
  • 13Daniel N. Paul, “The Hidden History of the Americas: The Destruction and Depopulation of the Indigenous Civilisations of the Americas by European Invaders,” Settler Colonial Studies 1, no. 2 (2004): 167–181.
  • 14Rev. A. E. Caldwell to Indian Agent P. D. Ashbridge, Ahousat, BC, November 12, 1938, quoted in Rev. K. Annett, “Hidden from History: The Canadian Holocaust,” in A Country Nourished on Self-doubt: Documents in Post-Confederation Canadian History, ed. Thomas Thorner and Thor Frohn-Nielsen (Toronto: University of Toronto Press, 2010), 390.
  • 15Government of Canada, Indian and Northern Affairs Canada, Royal Commission Report on Aboriginal Peoples (1996), vol. 1, chapter 10: “Residential Schools,” accessed December 12, 2014.
  • 16 Linda Jaine, Residential Schools: The Stolen Years (Saskatoon: University Extension Press, 1995), 10, quoted (but misattributed) in David R. Gaertner, “Beyond Truth: Materialist Approaches to Reconciliation Theories and Politics in Canada” (dissertation, Simon Fraser University, 2012), 62.
  • 17“Aboriginal Languages of Canada,” The Canadian Encyclopedia online, accessed December 23, 2014.
  • 18Audra Simpson has proposed (at least for the Mohawk) a right of “ethnographic refusal,” the right to embrace indigenous sovereignty and to refuse to recognize the sovereignty of the Canadian state to make decisions on behalf of the Mohawk nation. The point is that Mohawk sovereignty was never relinquished, and indeed was affirmed as pre-existing in the John Jay Treaty. See Audra Simpson, Mohawk Interruptus: Political Life Across the Borders of Settler States (Durham: Duke University Press, 2014), 10–11. We thank David MacDoland for this reference.
  • 19James R. Miller, Shingwauk’s Vision: A History of Native Residential Schools (Toronto: Toronto University Press, 2012), 9–10.
  • 20“Cultural genocide” was included in the first draft of the Genocide Convention but was taken out because of objection from states such as Australia, the United States, the United Kingdom, Canada, and France. See Shamiran Mako, “Cultural Genocide and Key International Instruments: Framing the Indigenous Experience,” International Journal on Minority and Group Rights 19 (2012).
  • 21 “Cultural genocide” was included in the first draft of the Genocide Convention but was taken out because of objection from states such as Australia, the United States, the United Kingdom, Canada, and France. See Shamiran Mako, “Cultural Genocide and Key International Instruments: Framing the Indigenous Experience,” International Journal on Minority and Group Rights 19 (2012), 183; first draft of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide, prepared by UN Secretariat, [May] 1947 [UN Doc. E/447], accessed February 12, 2015.
  • 22 Raphael Lemkin, “Acts Constituting a General (Transitional) Danger Considered as Offense against the Law of Nations,” Prevent Genocide International website, accessed October 10, 2015, quoted and discussed in Facing History and Ourselves, Totally Unofficial: Raphael Lemkin and the Genocide Convention (Brookline: Facing History and Ourselves, 2007), 11–15.
  • 23Raphael Lemkin, Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation, Analysis of Government, Proposals for Redress, 2nd ed. (Clark, NJ: The Lawbook Exchange, Ltd., 2005), 91.
  • 24The Truth and Reconciliation Commission of Canada, Honouring the Truth, Reconciling for the Future: Summary of the Final Report of the Truth and Reconciliation Commission of Canada (The Truth and Reconciliation Commission of Canada, 2015), 1–2, 3, 57, accessed June 11, 2015.
  • 25Fontaine, see “Foreword” of this book.

Les vêtements et les coiffures de style occidental que les enfants des pensionnats autochtones devaient porter (vers 1900) contrastent fortement avec la façon traditionnelle de s’habiller de leur père. Des représentants du gouvernement ont vraisemblablement mis en scène cette photographie pour illustrer l’assimilation des plus jeunes dans la culture canadienne. 

Credit:
Library and Archives Canada / C-037113

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Facing History and Ourselves, "Pour commencer: Vies Volees," last updated October 29, 2019.

This reading contains text not authored by Facing History and Ourselves. See footnotes for source information.

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— Claudia Bautista, Santa Monica, Calif