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Le rassemblement de la colère

Répondant avec une colère et une assurance croissantes, les activistes autochtones ont rejeté l'idée d'un traitement égal devant la loi, la considérant au mieux comme simpliste. Ils ont affirmé qu'elle était utilisée pour cacher des décennies de privilèges matériels et politiques pour les Canadiens européens aux dépens des Peuples Autochtones.
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  • Genocide

Le Livre blanc de 1969 a été reçu avec opposition à l'intérieur et à l'extérieur des communautés autochtones. Cette opposition allait défaire, pour la première fois, l'illusion que le « problème indien » pouvait ou devait être réglé par l'assimilation. En effet, pendant les années 1960, on a assisté à l'émergence du mouvement antiguerre et à l'essor mondial d'un mouvement axé sur les libertés individuelles, l'égalité des droits et la reconnaissance sincère de l'identité des minorités. De l'autre côté de la frontière, le mouvement des droits civiques américains a connu des succès retentissants en battant les politiques racistes de Jim Crow (des lois qui appliquaient la ségrégation raciale dans le sud des É.-U. depuis les années 1890). Le monde a également été témoin de la montée en puissance du mouvement anticolonial et de la libération de plusieurs nations anciennement colonisées. Les dirigeants autochtones étaient rassurés par ces tendances et ont relié leur lutte à la lutte mondiale contre l'impérialisme. De plus, les actions en justice contre la discrimination légale à l'endroit des Peuples Autochtones ont finalement pris leur envol et ont mené à la fin de plusieurs années d'injustices inscrites dans les différentes versions de la Loi sur les Indiens. 1

Répondant avec une colère et une assurance croissantes, les activistes autochtones ont rejeté l'idée d'un traitement égal devant la loi, la considérant au mieux comme simpliste. Ils ont affirmé qu'elle était utilisée pour cacher des décennies de privilèges matériels et politiques pour les Canadiens européens aux dépens des Peuples Autochtones. 2  Encore une fois, il semblait que le gouvernement essayait d'assimiler les populations autochtones au lieu de respecter leurs droits et les traités. Harold Cardinal, un activiste autochtone émergeant en colère, a écrit une réponse au Livre blanc intitulé le Livre rouge. Dans ce livre, il propose une contre-politique dont le but était de restaurer l'auto-gouvernance et les titres fonciers autochtones. En fait, M. Cardinal a retourné le débat, en mettant l'accent sur l'importance de la Loi sur les Indiens : « Le Livre blanc affirme que les bases législatives et constitutionnelles de la discrimination doivent être supprimées. Nous rejetons cette politique. Nous affirmons que la reconnaissance du statut d'Indien est essentielle pour la justice. Il est nécessaire de conserver le statut d'Indien si les Indiens veulent être traités de façon équitable. Pour qu'il y ait justice, il faut que l'histoire, la situation et les droits particuliers des Indiens soient reconnus... La définition légale d'un Indien inscrit doit rester... Nous voulons que nos enfants apprennent nos coutumes, notre histoire et nos traditions ». 3

M. Cardinal n'était d'aucune façon favorable aux éléments discriminatoires de la Loi sur les Indiens. Mais il avait le sentiment que la Loi était la dernière ligne de défense contre l'assimilation et la perte du peu de droits des Peuples Autochtones. De plusieurs façons, la Loi était un registre des injustices commises contre eux.

  • 1Alan D. McMillan et Eldon Yellowhorn, First Peoples in Canada, 323–34.
  • 2Carole Blackburn, « Producing Legitimacy: Reconciliation and the Negotiation of Aboriginal Rights in Canada », The Journal of the Royal Anthropological Institute 13 (2007), 633.
  • 3« Foundational Document: Citizens Plus », Aboriginal Policy Studies 1 (2011), 194.

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— Claudia Bautista, Santa Monica, Calif