Avant-propos par Theodore Fontaine

« Serez-vous heureux un jour? » Une élève de 5e année m'a posé cette question après une présentation de mon expérience dans les pensionnats autochtones devant sa classe. Après avoir raconté mon histoire à plus de 300 auditoires à travers le Canada et les États-Unis, et répondu à un grand nombre de questions, personne ne m'avait jamais posé cette question, et je ne savais pas vraiment quoi répondre.

Pendant plus de 100 ans, les enfants des Premières Nations et des Inuits ont été arrachés à leur foyer et à leur communauté pour être enfermés dans des pensionnats, présents dans l'ensemble du Canada, en raison d'une politique fédérale adoptée par le Parlement du Canada. La politique sur les pensionnats autochtones n'était pas destinée à appuyer ou à scolariser notre Peuple, mais plutôt à nous enlever du chemin de colons et à nous interdire l'accès aux vastes ressources naturelles du Canada. La mise en œuvre de cette politique, exécutée principalement par les églises au nom du gouvernement canadien, visait à détruire notre héritage culturel et linguistique, nos libertés juridiques et religieuses, nos structures gouvernementales et sociétales, et l'identité même des Peuples Autochtones du Canada. La politique du Canada ciblait les enfants pour assurer une destruction continue d'une génération à l'autre. J'étais l'un de ces enfants, incarcéré dans les pensionnats autochtones pendant 12 ans, arraché aux miens quelques jours seulement après mon septième anniversaire.

Les gens me demandent souvent ce qui m'est arrivé dans ces écoles. Pourquoi mes parents m'ont-ils laissé là? Est-ce que j'ai parlé à quelqu'un des abus que je subissais? Les adultes me demandent pourquoi ils n'étaient pas déjà au courant de cette histoire. Est-ce que j'ai essayé de m'enfuir? Est-ce que je pardonne aux agresseurs? Les enfants me demandent pourquoi je ne pouvais pas revenir à la maison pour dormir et ce que je mangeais. Est-ce que j'ai informé le directeur? Est-ce que nous avions la télévision? J'ai essayé de répondre à ces questions et à plusieurs autres en racontant mon expérience dans un livre intitulé Broken Circle: The Dark Legacy of Indian Residential Schools, A Memoir.

Avant le pensionnat, je menais une vie heureuse et joyeuse avec ma famille, mishoom et kookum (grand-père et grand-mère) et mes tantes, mes oncles, et mes cousins et cousines. Je parlais seulement l'ojibwé et je contribuais au bien-être de nos foyers en rapportant de l'eau, du bois et parfois un peu de nourriture pour notre famille. Pendant les 12 années qui ont suivi, j'ai été enfermé, puni quand je parlais ojibwé et ostracisé parce que j'étais un Indien. On m'a martelé que nos semblables étaient des gens mauvais, que l'ojibwé était une langue de sauvage, que nous étions inférieurs à nos gardiens. J'ai subi tous les types d'abus : physiques, sexuels, mentaux et spirituels. Au cours de mes nombreuses années de guérison et de réconciliation, j'ai confronté ces préjudices et ces abus du mieux que j'ai pu. En écrivant Broken Circle, certains abus étaient trop difficiles à raconter, mais j'ai tenté de révéler au moins un exemple de chaque type d'abus. Ces exemples étaient bien mineurs par rapport aux pires abus que j'ai subis.

Les enseignements les plus insidieux dans les pensionnats ont instillé dans nos jeunes esprits une haine pour qui nous étions; on nous répétait que nous n'étions pas assez intelligents ou talentueux pour faire ce que le reste des Canadiens pouvaient faire ou devenir. Ces perceptions sont encore présentes dans nos vies sous la forme d'insinuations voulant qu'un Autochtone ne puisse pas être un médecin, un avocat, un enseignant, un infirmier ou un auteur compétent, ou obtenir un autre titre professionnel.

Je suis toujours nerveux à l'idée de parler de ce qui m'est arrivé dans les pensionnats. J'ai parfois des flashbacks, des souvenirs douloureux des expériences traumatisantes vécues dans ma jeunesse. On m'a souvent dit que ces abus ne pouvaient pas être réels, que je mentais, que des représentants de Dieu n'auraient jamais pu abuser des enfants. Ce déni me fait sentir coupable pour ce qui m'est arrivé et pour en avoir parlé et accusé les auteurs de ces crimes quoique, ironiquement, je protège leur identité.

Les Survivants et Survivantes des abus hésitent souvent à parler. Nous savons ce que nous avons réellement vécu, et nous savons que certaines personnes essayeront de nier, de minimiser ou de réfuter la vérité. Pour moi, le fait d'en parler fait partie de ma réconciliation, mais parfois, la culpabilité, le blâme et la honte qui m'ont été inculqués reviennent sous la forme d'une vague noire de dépression, de frustration et de colère. Parfois, je me sens tout simplement triste pour les bourreaux qui ont abusé de moi. Encore plus souvent, je pense à la perte de tellement de jeunes vies, à ceux et celles qui n'ont pas survécu et à ceux et celles qui ont survécu, mais dont le potentiel incroyable à contribuer à notre Peuple et au Canada n'a jamais pu se développer ou se réaliser.

Les gens n'ont aucune idée du processus de guérison et de réconciliation à travers lequel les Survivants et Survivantes doivent passer. Nous sommes tourmentés par les allégations des gens qui essaient de réfuter ou de diminuer nos véritables expériences. Il est difficile d'entendre ces voix qui disent : « Pourquoi ne peuvent-ils pas simplement passer à autre chose? » Ma voix est alimentée par les autres Survivants et Survivantes des pensionnats qui me disent : « Merci d'avoir écrit ton livre. J'ai également vécu ces choses. Tout cela s'est réellement produit ».

En juin 2015, la Commission de vérité et réconciliation a publié ses conclusions, dans un résumé de son rapport final, ainsi que 94 recommandations décrites dans ses Appels à l'action. Il est important de comprendre que le travail de la Commission n'était pas le fruit des bonnes intentions du gouvernement, mais plutôt d'une ordonnance de la Convention de règlement relative aux pensionnats autochtones. Cette convention de règlement est un accord négocié concernant l'action en justice intentée par les Survivants et Survivantes des pensionnats pour compenser les torts et les dommages causés par la politique génocidaire visant à enrôler de force les enfants autochtones dans les pensionnats. La Commission de vérité et réconciliation a été créée dans le cadre de cet accord, et ses conclusions et recommandations découlent des témoignages de milliers de Survivants et Survivantes qui ont été mis en lumière par les travaux de la Commission.

La Commission de vérité et réconciliation demande aux Canadiens de tous les horizons de prendre des mesures, par l'entremise de plusieurs recommandations visant l'éducation des jeunes, les nouveaux arrivants au Canada, ainsi que le secteur public et privé. Je crois que les éducateurs sont les personnes qui feront la plus grande différence en aidant les générations de jeunes à développer des relations entre les Peuples Autochtones et non autochtones en fonction de nos sept enseignements sacrés : sagesse, amour, honneur, courage, honnêteté, humilité et vérité.

Les mots face à l'histoire et à nous-mêmes décrivent très bien le travail difficile des Survivants et Survivantes des pensionnats pour parler de leur expérience de ce pan de l'histoire canadienne qui a été nié et caché depuis si longtemps. En le mettant en lumière, Vies volées constitue une ressource essentielle pour guider les enseignements et les élèves afin qu'ils puissent trouver des occasions individuelles et collectives pour parcourir le chemin de la réconciliation. Ce guide permet d'apprendre en explorant la vérité de nos expériences vécues dans les pensionnats, en entendant nos voix et en comprenant le contexte. Après plus de 100 ans de cette politique génocidaire, les éducateurs ont maintenant accès à l'information nécessaire pour enseigner l'histoire des pensionnats à nos enfants. Nos enfants ont le droit de savoir et de façonner un meilleur avenir pour eux et pour les générations à venir.

Avant les initiatives de recherche et de documentation de la Commission de vérité et réconciliation, l'information sur les pensionnats autochtones était produite par les gouvernements et plusieurs organisations et personnes non autochtones, qui présentaient leur point de vue comme un exposé factuel. Ces initiatives sont essentielles pour comprendre les traditions autochtones d'histoire orale, grâce auxquelles l'héritage de notre Peuple a été préservé et transmis au fil des siècles. Il est vital de capter cette histoire orale et d'entendre des témoignages directs pour la réussite dans la salle de classe, surtout que le nombre de Survivants et Survivantes des pensionnats diminue rapidement. Bien que nos histoires puissent être reprises par nos enfants et nos petits-enfants, les effets réels et les souvenirs cachés connus seulement des Survivants et Survivantes pourraient être perdus à jamais. Bien que le plus difficile soit de toucher les blessures et les cicatrices les plus profondes de notre passé, les Survivants et Survivantes ont le droit de parler de leur expérience. J'espère que les éducateurs qui utiliseront ce guide inviteront les Survivants et Survivantes dans leur classe pour que les élèves puissent les rencontrer, voir leur visage et entendre leur voix, et que leur cœur soit assez profondément touché pour ne jamais oublier.

Les Canadiens doivent accepter la réalité et l'avenir prometteur de leurs Premières Nations alors que nous redécouvrons la fierté et la détermination à raviver et à conserver nos caractéristiques uniques. J'ai réappris ma langue ojibwée et une grande partie de notre culture, et rien ne me donne plus de joie que de pouvoir intégrer ma langue dans les conversations avec ma famille et mes amis, et d'enseigner quelques mots ici et là à des non-Autochtones qui souhaitent entendre cette langue grandiose et descriptive. J'imagine avec horreur le nombre de langues merveilleuses qui auraient disparu si la politique des pensionnats avait réussi. Nous ne pouvons pas récupérer ce que nous avons perdu, ou ce que nous pourrions perdre, ailleurs dans le monde. Les choses que nous perdons ici disparaissent à jamais.

Dans le cadre de mes visites dans ce grand pays pour parler de ce que nous avons vécu, j'essaie d'inciter les Survivants et Survivantes et les aînés à plonger dans leurs souvenirs et à discuter ensemble de leur histoire commune. Nous avons survécu et nous ne serons jamais « l'Indien qui disparaît » ou le Peuple conquis. Nous serons toujours les fières Premières Nations du Canada, nous les Peuples Autochtones de Turtle Island.

J'ai écrit cet avant-propos avec l'espoir et l'humilité d'un acteur de la tradition de nos ancêtres : la transmission de la véritable sagesse aux futur.e.s gardiens et gardiennes du savoir et leaders de notre merveilleuse patrie.

Kitchi miigwetch, un grand merci, à Face à l'histoire et à nous-mêmes pour aider à ancrer la véritable histoire des pensionnats autochtones du Canada dans le présent et dans l'avenir, et à tous les éducateurs qui utilisent ce guide pour montrer aux enfants et aux jeunes la signification de la vérité et de la réconciliation, et ce qu'il faut pour parcourir le chemin pour y arriver.

Est-ce que je serai heureux un jour? Peut-être pas dans le sens dans lequel cette jeune étudiante l'entendait, mais chaque jour, avec chaque pas vers la réconciliation, je fais un pas pour retrouver le jeune enfant ojibwé joyeux, effervescent et moqueur que le Créateur voulait que je sois.

Theodore (Ted) Fontaine est membre de la Première Nation Sagkeeng Anishinaabe du Canada et l'auteur d'un bestseller national, Broken Circle: The Dark Legacy of Indian Residential Schools, A Memoir. Il est conférencier et commentateur pour les médias sur les pensionnats autochtones. Il a été appelé un Survivant, mais se voit plutôt comme un vainqueur.

Comment utiliser cette ressource

Ce livre examine l'histoire des pensionnats autochtones canadiens et leur héritage durable et dévastateur. Ce livre est présenté par Ted Fontaine, leader autochtone reconnu, aîné, Survivant des pensionnats et auteur d'un bestseller. Ce livre comprend la présente section « Pour commencer » qui comporte une introduction générale; une section de contexte historique; huit chapitres contenant des lectures axées sur les sources primaires et un calendrier. Les termes figurant dans le glossaire sont également surlignés et définis dans chaque chapitre.

Nous recommandons aux enseignants de lire les documents de présentation, car ils fournissent de l'information sur la structure du livre et aussi sur nos raisons pour l'écrire, en plus d'une analyse des thèmes centraux abordés. Nous suggérons également aux enseignants de diriger leurs élèves vers le calendrier pour les aider à organiser l'information et à clarifier les idées et les termes de base utilisés dans le texte. Le contexte historique brosse un tableau des enjeux qui sont abordés dans le reste de la ressource.

Les lectures de chaque chapitre comportent de courts paragraphes de cadrage qui sont conçus pour fournir un contexte pour les sources primaires qui suivent. Nous recommandons aux enseignants de choisir les lectures qui conviennent à leurs élèves. Les lectures sont relativement courtes et comprennent des questions de mise en relation pour orientation la réflexion. Les questions de mise en relation offrent également aux lecteurs la possibilité de remettre en question ces sources primaires et de réfléchir aux enjeux éthiques plus généraux soulevés dans cette étude. Veuillez noter qu'il y a également un certain chevauchement entre les chapitres et le contexte historique. Les chapitres et les lectures peuvent être utilisés par les élèves, tandis que le contexte historique est principalement destiné aux enseignants, bien qu'il puisse également être utile aux classes plus avancées.

Remarque sur la langue

Dans l'ensemble de cette ressource, nous avons choisi d'utiliser le terme Peuples Autochtones comme nom collectif pour les Premières Nations, les Métis et les Inuits, les trois groupes d'Autochtones reconnus au Canada par la loi (Peuples autochtones est le terme juridique canadien pour les trois groupes). Ce terme constitue l'appellation privilégiée chez les experts, les conseillers et les enseignants qui ont contribué à créer ce livre. Le terme Peuples Autochtones commence par des majuscules afin d'indiquer la pluralité et le caractère distinct des différents groupes autochtones qui habitent l'Amérique du Nord depuis le commencement de l'histoire humaine. Lorsque nous parlons d'un groupe en particulier, nous utilisons les termes Premières Nations, Métis, ou Inuits, mais puisqu'il existe plusieurs groupes dans ces catégories, nous incluons le nom des sous-groupes lorsque cela est possible (p. ex., Ojibwé, Cri, Déné, Mohawk). Lorsque les groupes s'auto-identifient, nous incluons le ou les termes qu'ils utilisent pour se décrire eux-mêmes.

Le mot race apparaît à quelques endroits dans le livre. De même, dans quelques rares cas, d'autres termes racistes comme peau-rouge sont mentionnés. Sans guillemets, ces termes sont seulement utilisés à titre de sources primaires. Il est important de savoir que le racisme eugénique et scientifique décrit dans la ressource est considéré comme de la mauvaise science. Les autorités universitaires et scientifiques estiment aujourd'hui que les différences génétiques marginales qui existent entre les groupes humains ne vont pas au-delà de la couleur de la peau. Il n'existe qu'une seule race : la race humaine.

Dans certains cas, nous citons des déclarations historiques que certaines personnes pourraient trouver inacceptables. Notre but ici est de refléter les attitudes des gens qui ont façonné l'histoire et les idées que nous abordons dans cette ressource.

Introduction

Les mots et les silences

Pourquoi les Peuples Autochtones au Canada ne peuvent-ils passer par-dessus les pensionnats autochtones? Pourquoi ne peuvent-ils pas seulement continuer à vivre leur vie? Les aînés autochtones, les Survivants et Survivantes des pensionnats autochtones et l'auteur Theodore Fontaine affirment que ces demandes de « simplement passer par-dessus » constituent « un déni sociétal de cinq siècles de colonisation » répandu1. Malgré les preuves de plus en plus nombreuses de la nature destructrice du processus de colonisation, et malgré les protestations croissantes des Peuples Autochtones et de plusieurs de leurs alliés, certaines personnes continuent de nier le passé violent et douloureux du Canada.

On peut citer de nombreux exemples de ce que M. Fontaine appelle le déni sociétal. En fait, jusqu'à très récemment, de nombreux manuels ignoraient dans une grande mesure la présence des Peuples Autochtones rencontrés par les Européens en Amérique du Nord ou les traitaient comme des gens nuisibles qui pouvaient être facilement corrompus ou 2. La principale idée derrière ces déclarations de déni était que le Canada est un pays qui a été « découvert » par les Européens qui sont tombés sur un territoire vaste et vide. Les auteurs du Rapport de la commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones (Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba) expliquent :

La prémisse de base est que le premier à déclarer avoir « découvert » une région inhabitée qui ne fait l'objet d'aucune autre revendication obtient automatiquement la souveraineté territoriale. À l'origine, la doctrine était limitée à la terra nullius, littéralement une zone aride et désertée, comme l'indique l'éminent universitaire anglais du domaine de la common law... Le concept de terra nullius a été élargi plus tard... pour inclure tout territoire dépourvu d'une société « civilisée ». Afin de refléter la volonté coloniale, le Nouveau Monde... [a alors été inclus] dans cette définition élargie.3

Ce guide porte sur ces questions : la puissance positive et négative des mots et des silences pour façonner le paysage social et naturel, pour déplacer des identités ou en créer de nouvelles, et pour écrire les histoires qui servent à certains et déshumanisent les autres. Les idées comme le concept de terra nullius servent à montrer la puissance des mots pour effacer les événements du passé et refaçonner la mémoire du colonialisme européen.4 « Les mots et les silences sont puissants. Ils chassent ensemble, se nourrissent mutuellement », écrit l'universitaire sud-africain Sven Ouzman. « Le pouvoir des mots est grand, mais celui des silences l'est encore plus. Les silences sont les ennemis de la mémoire. »5 De plus, « les mots et les silences sont rarement neutres », soutient M. Ouzman, et les gens qui ont vécu l'interaction avec les colonisateurs européens connaissaient souvent « le pouvoir d'exclusion des mots et des silences »; ils ont le pouvoir d'attribuer des identités et d'écrire une version de l'histoire au service des puissants.6 Le premier geste colonialiste a probablement été un geste linguistique : en appelant les Peuples Autochtones de l'Amérique du Nord des Indiens, les Occidentaux les ont tous déplacés sur un autre continent, tout en leur refusant leur identité en tant que membres de nations spécifiques.

La chercheuse métisse Tricia E. Logan nous rappelle que les histoires nationales sont étroitement liées aux identités nationales, que les histoires nationales créent une mémoire commune, qui à son tour, façonne la compréhension qu'une nation a d'elle-même et de son identité. De plus, Mme Logan et de nombreuses autres personnes insistent sur le fait qu'il est impératif de modifier l'histoire perçue du Canada parce que cette version n'est pas vraie, mais aussi parce que l'inclusion de voix autochtones peut aider à refaçonner et à corriger l'identité nationale du Canada.7 Ces militants affirment que si les Peuples Autochtones font vraiment partie du Canada, leur histoire doit être incluse dans une nouvelle histoire exhaustive.8 Ainsi, pour les Autochtones et leurs communautés, le passé ne peut pas simplement être le passé : ils sont nombreux à avoir une version très différente de l'histoire du Canada. Cette version comprend une vision des groupes autochtones en tant que nations en premier lieu, puis comme Canadiens ensuite. La demande d'être perçus comme des nations distinctes n'est pas simplement un reflet de la façon dont les Peuples Autochtones vivent leur identité; elle est plutôt fondée sur une série d'accords dont le premier est la Proclamation royale de 1763, où la Couronne les a reconnus en tant que nations indépendantes.

Lieux de désapprentissage

De nombreux chercheurs reconnaissent que des parties de la destruction coloniale des terres et du mode de vie autochtones n'étaient pas officiellement planifiées. Le développement du commerce mondial, l'industrialisation et l'urbanisation, ainsi que les nouvelles semences et les nouveaux animaux, parmi de nombreux facteurs, ont détruit le commerce de la fourrure et ont rendu les structures sociales et économiques des Autochtones inefficaces.9 Au moins quelques-uns de ces facteurs faisaient partie de ce qu'Alfred W. Crosby a appelé l'échange colombien il y a plusieurs années. Cet échange entre les populations autochtones et les Européens s'étendait à presque tous les aspects de la vie (notamment les aliments, le bétail, la langue, les instruments, les technologies...) et a modifié de façon profonde et négative l'écologie des Amériques. Selon M. Crosby, les maladies comme la variole, la rougeole, la malaria et la fièvre jaune ont été encore plus catastrophiques pour les populations autochtones des Amériques qui n'y avaient jamais été exposées. Ces populations n'avaient aucune résistance immunologique contre ces maladies. Lorsque les Européens ont apporté ces pathogènes à terre, des millions de personnes ont été infectées et sont mortes rapidement.10 Sur la population estimée de 50 à 100 millions de non-Européens qui vivaient dans les Amériques avant le contact, seulement 5 % avaient survécu au commencement du 20e siècle.11

Cependant, il n'est pas correct d'ignorer les choix des colons et leurs conséquences catastrophiques sur les Peuples Autochtones au Canada. Comme l'affirment Christopher Powell et Julia Peristerakis, plusieurs de ces processus destructeurs faisaient partie de politiques bien documentées dont l'objectif ultime était de détruire les Peuples Autochtones et de faire de la place aux colons européens. Pour ne citer que les exemples les plus évidents, on peut parler de la construction du chemin de fer du Pacifique dans les années 1880, qui a mené au déplacement de milliers de personnes et à la destruction de leurs terres de chasse; l'abattage intentionnel de millions de bisons, qui a mené à la destruction du principal élément de survie pour de nombreux Peuples Autochtones; et l'expulsion de fermiers métis prospères de leurs terres qui étaient convoitées par les colons européens.12 Presque toutes les communautés autochtones, nomades ou sédentaires, ont été déplacées; leur mode de vie traditionnel a été détruit et leurs croyances religieuses, coutumes et systèmes sociaux vieux de plusieurs siècles ont été pratiquement éradiqués. Daniel Paul nous rappelle qu'il « faut souligner que la destruction [coloniale] a réussi de façon universelle : sur les centaines de civilisations bien implantées qui existaient dans les Amériques en 1492, aucune n'a survécu intacte jusqu'à aujourd'hui ».13

Le massacre de masse des bisons, la colonisation à grande échelle de l'Ouest, le retrait forcé des Prairies et plus tard des régions arctiques, l'interdiction des cérémonies traditionnelles, le remplacement de la gouvernance traditionnelle par des formes de gouvernance occidentales, la dégradation du statut des femmes, la discrimination et la ségrégation, et une éducation de deuxième ordre et traumatisante ont tous fait partie des politiques officielles. Après la deuxième moitié du 19e siècle, ces politiques étaient conçues de façon claire et systématique pour d'abord déplacer les communautés autochtones qui faisaient obstacle aux conquêtes et à la colonisation européennes, puis pour détruire les cultures autochtones et les refaçonner à leur image : des Occidentaux christianisés et civilisés. Par conséquent, on peut dire sans risquer de se tromper que la destruction physique presque totale des Peuples Autochtones a été l'effet direct des maladies apportées par les Européens, mais qu'elle a également été intentionnelle, puisque les gouvernements successifs connaissaient bien les conséquences de leurs politiques.

La résistance persistante à faire face au passé ignore, plus particulièrement, l'histoire des pensionnats autochtones. Ces écoles, selon l'aveu même des colons, peuvent être vues comme une campagne délibérée visant à faciliter la colonisation des terres et à façonner les esprits des Autochtones selon le mode de vie occidental, ainsi qu'à détruire tous les liens avec les nations, les cultures et les traditions autochtones. En 1938, à l'apogée des pensionnats autochtones, le directeur d'école Rev. A. E. Caldwell a écrit à l'agent des Indiens P. D. Ashbridge d'Ahousat, en Colombie-Britannique. Dans cette lettre, il déclare :

Le problème avec les Indiens concerne la morale et la religion. Ils n'ont pas les principes fondamentaux de la pensée et de l'esprit civilisés, ce qui explique leur nature et leur comportement enfantins. Dans notre école, nous nous efforçons de les transformer en chrétiens matures qui vont apprendre comment se comporter dans le monde et renoncer à leur mode de vie barbare et à leurs droits issus de traités qui les maintiennent coincés sur leurs terres et dans une existence primitive. C'est alors seulement que le problème indien dans notre pays sera résolu.14

M. Caldwell, comme de nombreux Européens à cette époque, suggérait que le « problème indien » pourrait seulement être réglé lorsque les Peuples Autochtones au Canada seraient « libérés » du poids de ce qu'il appelait leur mode de vie primitif. Cette idée perverse a été publiquement reconnue comme l'une des justifications des pensionnats autochtones : civiliser, christianiser, libérer. La Commission royale de 1996 résume les pensionnats autochtones de la façon suivante :

Les pensionnats étaient ni plus ni moins qu'une tentative de gouvernements successifs pour orienter le destin des Autochtones au Canada en s'appropriant et en manipulant leur avenir par l'intermédiaire des milliers d'enfants qu'ils ont extirpés de leurs foyers et de leurs villages pour les confier à la garde d'étrangers. Les enseignants et le personnel étaient en effet des étrangers pour les enfants, et selon Hayter Reed, haut fonctionnaire du ministère dans les années 1890, « ils devaient lutter par tous les moyens contre tout ce qui pouvait entretenir dans la mémoire des enfants des habitudes et des souvenirs que la formation industrielle a justement pour objet de faire disparaître ». À la fin de leurs études dans les pensionnats, les enfants, après avoir été resocialisés et baignés dans les valeurs de la culture européenne, seraient les prototypes d'une magnifique métamorphose : le « sauvage » devenu civilisé, prêt à accepter ses privilèges et ses responsabilités de citoyen. Hélas, le bel avenir qu'on envisageait n'a rien eu de rose pour les pensionnaires de ces écoles, pour les générations qui suivirent, pour les communautés autochtones et même pour l'ensemble des Canadiens.15

Autrement dit, les pensionnats autochtones n'étaient pas des lieux d'apprentissage. Ils étaient, comme le confirment des centaines de témoignages, des lieux de désapprentissage : le désapprentissage forcé et la destruction des langues maternelles, des valeurs communautaires, des croyances traditionnelles, des pratiques spirituelles et des identités collectives. Rosa Bell, Survivante du pensionnat Port Alberni en Colombie-Britannique, parle de la destruction délibérée des langues :

Le gouvernement voulait nous transformer en homme blanc. Nos cellules familiales culturelles étaient brisées. De plus, devenir « blanc» signifiait parler anglais. Puisque mes parents avaient également fréquenté un pensionnat, ils ne voyaient pas la nécessité de nous enseigner notre langue. L'agent des Indiens leur avait dit de ne pas parler à leurs enfants en langue haïda, car cela ne les aiderait pas à l'école. Mes parents parlaient l'haïda avec les autres adultes, mais n'ont pas fait beaucoup d'efforts pour me l'enseigner. Ma grand-mère me parlait toujours en haïda, et j'essayais de comprendre, mais c'était devenu une langue étrangère.16

Selon le recensement canadien de 2011, sur les 60 langues autochtones qui ont survécu au colonialisme, seules le Cri, l'Ojibwé et l'Inuit ont maintenant une chance d'être parlés par les générations futures.17 Bien entendu, la langue à elle seule ne constitue pas une culture ou une vision du monde. Les gens qui parlent des langues différentes peuvent partager une vision du monde commune. À titre d'exemple, les colons français et britanniques parlaient des langues européennes différentes, mais partageaient des visions du monde très semblables. De la même façon, des gens qui parlent la même langue, des Autochtones et des non-Autochtones, par exemple, peuvent avoir des visions du monde très différentes, notamment une opinion divergente à savoir si les Peuples Autochtones sont des Canadiens ou non. Certains Peuples Autochtones se voient d'abord comme des membres de leur Première Nation.18 Mais la langue est un élément important d'une culture; elle peut incarner et transmettre la vision du monde des gens qui la parlent. Comme l'indiquent des milliers de témoignages d'Autochtones, la mort d'une langue annonce la mort d'une culture et des façons dont ses locuteurs interagissent avec les autres et interprètent leur monde.

Génocide

Les vêtements et les coiffures de style occidental que les enfants des pensionnats autochtones devaient porter (vers 1900) contrastent fortement avec la façon traditionnelle de s’habiller de leur père. Des représentants du gouvernement ont vraisemblablement mis en scène cette photographie pour illustrer l’assimilation des plus jeunes dans la culture canadienne. 

Dans les années 1990, des chercheurs sur les pensionnats comme James R. Miller et de nombreux leaders autochtones ont commencé à affirmer que les efforts du gouvernement canadien pour assimiler les Peuples Autochtones dans les pensionnats autochtones incarnaient le principe du génocide culturel : l'intention de détruire les Peuples Autochtones au Canada en tant que groupe culturel distinct.19 D'autres chercheurs ont réfuté cette affirmation en soulignant que la destruction culturelle d'un groupe ne fait pas partie de la version finale de la Convention sur le génocide des Nations Unies.20 Ce débat s'est poursuivi et on peut dire qu'il s'est enflammé. Quelle est la bonne façon d'aborder la destruction presque complète des Peuples Autochtones, de leurs langues et de leurs cultures? Si l'on exclut les causes naturelles, quelle est la responsabilité du gouvernement dans ce processus? Et qu'est-ce que les Peuples Autochtones auraient à gagner si le Canada incluait le génocide culturel dans les autres génocides qu'il reconnaît officiellement? (Pour en savoir plus sur ce débat, voir le Chapitre 7.)

Pour Raphael Lemkin, le juriste juif polonais qui a créé le terme génocide, la destruction culturelle d'un groupe était aussi grave que l'anéantissement physique de ses membres. Au début des années 1930, M. Lemkin a fait de grands efforts pour élargir sa définition du crime qu'il a plus tard appelé génocide au-delà de la destruction physique des humains. Il a affirmé dans un article datant de 1933 : « Notre héritage tout entier est le produit des contributions de toutes les nations ». Pour lui, la destruction des groupes culturels était, en fait, une agression contre l'humanité elle-même si, dans les faits, l'humanité est la somme de toutes les cultures du monde. Il a également ajouté un autre élément à sa notion de destruction d'un groupe : la « destruction systématique et organisée de l'art et de l'héritage culturel dans lesquels le génie unique et les réalisations d'une collectivité sont révélés dans les domaines de la science, de l'art et de la littérature ». Il a donné le nom de « vandalisme » à cette dévastation culturelle. (Lemkin a jumelé le terme au crime de barbarisme, soit la destruction physique des groupes.)21

Il a continué à utiliser le même argument dans son ouvrage Le règne de l'Axe en Europe occupée :

Le monde représente seulement la somme de culture et de vivacité intellectuelle qui est créée par les groupes nationaux qui en font partie. Essentiellement, le concept de nation signifie une collaboration constructive et des contributions originales, en fonction de traditions authentiques, d'une culture authentique et d'une psychologie nationale bien développée. Par conséquent, la destruction d'une nation entraîne la perte de sa contribution future au monde... Parmi les caractéristiques de base qui ont marqué la progression de la civilisation, on compte le respect et l'appréciation des caractéristiques et des qualités nationales que les différentes nations apportent au monde, des caractéristiques et des qualités qui... ne sont pas mesurées en termes de puissance ou de richesse nationale ».22

L'un des thèmes de ce guide est le pouvoir de la langue. L'argument passionné de M. Lemkin nous rappelle encore une fois que les mots sont importants. Le débat sur le génocide est parfois technique et complexe, mais cela ne doit pas nous détourner de l'urgence du débat. Pourquoi ce sujet doit-il tous nous concerner? Que signifie-t-il pour nous tous, Autochtones et non-Autochtones?

En 2015, le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation mandatée par le gouvernement fédéral parle du génocide des pensionnats :

Pendant plus d’un siècle, les objectifs centraux de la politique indienne du Canada étaient les suivants : éliminer les gouvernements autochtones, ignorer les droits des Autochtones, mettre fin aux traités conclus et, au moyen d’un processus d'assimilation, faire en sorte que les peuples autochtones cessent d’exister en tant qu’entités légales, sociales, culturelles, religieuses et raciales au Canada. L’établissement et le fonctionnement des pensionnats ont été un élément central de cette politique, que l’on pourrait qualifier de « génocide culturel ». . . Un génocide culturel est la destruction des structures et des pratiques qui permettent au groupe de continuer à vivre en tant que groupe. Les États qui s’engagent dans un génocide culturel visent : à détruire les institutions politiques et sociales du groupe ciblé... Des langues sont interdites. Des chefs spirituels sont persécutés, des pratiques spirituelles sont interdites et des objets ayant une valeur spirituelle sont confisqués et détruits. Et pour la question qui nous occupe, des familles à qui on a empêché de transmettre leurs valeurs culturelles et leur identité d’une génération à la suivante.23

Le rapport conclut que « Dans ses rapports avec les peuples autochtones, le Canada a fait tout cela ».24 Selon la compréhension de Lemkin, la destruction des modes de vie traditionnels autochtones constituait un crime contre tout le monde : contre la diversité des sociétés humaines, et contre l'humanité dans son ensemble. Les mots puissants de Theodore Fontaine illustrent cette perte terrible : « Le Canada... a perdu pour toujours les riches ressources et générations des ses Premières Nations. L'ingéniosité et la créativité de jeunes esprits ont été éteintes, tout ce grand talent potentiel n'a jamais pu se développer, et le caractère et l'intégrité des sociétés autochtones fondées sur des valeurs et des principes précieux ont pratiquement été détruits ».25 Voilà pourquoi cet enjeu nous concerne tous.

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Citations

  • 1 : Theodore Fontaine, « Foreword » dans Colonial Genocide and Indigenous North America, éd. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto et Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), vii.
  • 2 : Verna J. Kirkness « Prejudice about Indians in Textbooks », Journal of Reading 20 (1977), 595–600; Penney Clark, « Images of Aboriginal People in British Columbia Canadian History Textbooks » Canadian Issues (Automne 2006), 47–51. Pour en savoir plus sur le caractère pacifique et la facilité de la colonisation, voir Riders of the Plains: A Record of the Royal North-West Mounted Police of Canada, 1873–1910(Edmonton: Hurtig), xviii–ix, cité dans Walter Hildebrandt, Views from Fort Battleford: Constructed Visions of an Anglo-Canadian West (Université de Regina, 2008), 34.
  • 3 : Rapport de la commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones, Chapitre 5: droits des Autochtones et traités , consulté le 24 avril 2015.
  • 4 : Jennifer Henderson et Pauline Wakeham, « Colonial Reckoning, National Reconciliation: Aboriginal Peoples and the Culture of Redress in Canada », English Studies in Canada 35 (2009), 1.
  • 5 : Sven Ouzman, « Silencing and Sharing Southern African Indigenous and Embedded Knowledge », dans, Indigenous Archaeologies: Decolonising Theory and Practice, éd. Claire Smith et H. Martin Wobst (London: Routledge, 2005), 208.
  • 6 : Sven Ouzman, « Silencing and Sharing Southern African Indigenous and Embedded Knowledge », dans, Indigenous Archaeologies: Decolonising Theory and Practice, éd. Claire Smith et H. Martin Wobst (London: Routledge, 2005), 208.
  • 7 : Au cours des deux dernières décennies, les manuels ont changé afin de refléter ce point de vue.
  • 8 : Tricia E. Logan, « Memory, Erasure, and National Myth », dans Colonial Genocide in Indigenous North America, éd. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto et Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), 149–150.
  • 9 : Robbie Ethridge, « Global Capital, Violence, and a Colonial Shatter Zone », dans Colonial Genocide in Indigenous North America, éd. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto et Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), 52.
  • 10 : Pour consulter une version courte de cette thèse, voir Alfred W. Crosby, « Virgin Soil Epidemics as a Factor in the Aboriginal Depopulation in America » The William and Mary Quarterly 33 (1976), 289–299.
  • 11 : Les estimations de la population précolombienne ont été étudiées par de nombreux chercheurs. Au cours des dernières années, les chiffres ont été revus à la hausse de façon assez spectaculaire. Alan Taylor a affirmé que la plupart des universitaires estiment que jusqu'à 50 millions de personnes vivaient dans les Amériques et que de 2 à 10 millions de personnes vivaient au nord du Rio Grande avant le contact. Voir Alan Taylor, American Colonies: The Settling of North America(New York: Viking Penguin, 2002), 40. Charles C. Mann analyse l'hypothèse d'un taux de mortalité de 95 % (ou d'un taux de survie de 5 %) dans son livre 1491: New Revelations of the Americas Before Columbus (New York: Vintage Books, 2006), 113–14. Voir également David E. Stannard, American Holocaust: The Conquest of the New World (New York: Oxford University Press, 1992), 51, 101, 267–8.
  • 12 : Christopher Powell et Julia Peristerakis, « Genocide in Canada », dans Colonial Genocide in Indigenous North America, éd. Andrew Woolford, Jeff Benvenuto et Alexander Laban Hinton (Durham: Duke University Press, 2014), 75–86.
  • 13 : Daniel N. Paul, « The Hidden History of the Americas: The Destruction and Depopulation of the Indigenous Civilisations of the Americas by European Invaders », Settler Colonial Studies 1, no. 2 (2004): 167–181.
  • 14 : Rev. A. E. Caldwell à l'agent des Indiens P. D. Ashbridge, Ahousat, C.-B., 12 novembre 1938, cité dans Rev. K. Annett, « Hidden from History: The Canadian Holocaust », dans A Country Nourished on Self-doubt: Documents in Post-Confederation Canadian History, éd. Thomas Thorner et Thor Frohn-Nielsen (Toronto: University of Toronto Press, 2010), 390.
  • 15 : Gouvernement du Canada, Affaires indiennes et du Nord Canada, Rapport de la Commission royale sur les Peuples autochtones (1996), vol. 1, chapitre 10: « Les pensionnats », consulté le 12 décembre 2014.
  • 16 : Linda Jaine, Residential Schools: The Stolen Years (Saskatoon: University Extension Press, 1995), 10, citée (mais attribuée de façon erronée) dans David R. Gaertner, « Beyond Truth: Materialist Approaches to Reconciliation Theories and Politics in Canada » (dissertation, Université Simon Fraser, 2012), 62.
  • 17 : « Langues autochtones au Canada » L'encyclopédie canadienne en ligne, consultée le 23 décembre 2014.
  • 18 : Audra Simpson a proposé (au moins pour les Mohawks) un droit de « refus ethnographique », soit le droit d'adopter la souveraineté autochtone et de refuser de reconnaître la souveraineté de l'état canadien pour prendre des décisions au nom de la nation mohawk. Le fait est que la souveraineté mohawk n'a jamais été abandonnée, et qu'elle a dans les faits été affirmée comme préexistante dans le traité John Jay. Voir Audra Simpson, Mohawk Interruptus: Political Life Across the Borders of Settler States (Durham: Duke University Press, 2014), 10–11. Merci à David MacDoland pour cette référence.
  • 19 : James R. Miller, Shingwauk’s Vision: A History of Native Residential Schools (Toronto: Toronto University Press, 2012), 9–10.
  • 20 : Le concept de « génocide culturel » faisait partie de la première ébauche de la Convention sur le génocide, mais il en a été retiré en raison des objections de pays comme l'Australie, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et la France. Voir Shamiran Mako, « Cultural Genocide and Key International Instruments: Framing the Indigenous Experience » International Journal on Minority and Group Rights 19 (2012).
  • 21 : Le concept de « génocide culturel » faisait partie de la première ébauche de la Convention sur le génocide, mais il en a été retiré en raison des objections de pays comme l'Australie, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et la France. Voir Shamiran Mako, « Cultural Genocide and Key International Instruments: Framing the Indigenous Experience », International Journal on Minority and Group Rights 19 (2012), 183; première ébauche de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, préparée par le Secrétariat des Nations Unies, [Mai] 1947 [UN Doc. E/447], consulté le 12 février 2015.
  • 22 : Raphael Lemkin, « Acts Constituting a General (Transitional) Danger Considered as Offense against the Law of Nations », site Web de Prevent Genocide International, consulté le 10 octobre 2015, cité et analysé dans Facing History and Ourselves, Totally Unofficial: Raphael Lemkin and the Genocide Convention (Brookline: Facing History and Ourselves, 2007), 11–15.
  • 23 : Raphael Lemkin, Le règne de l'Axe en Europe occupée : Lois de l'occupation, analyse du gouvernement, propositions pour la réparation 2e éd. (Clark, NJ: The Lawbook Exchange, Ltd., 2005), 91.
  • 24 : La Commission de vérité et réconciliation du Canada, Honorer la vérité, réconcilier pour l’avenir : Sommaire du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (Commission de vérité et réconciliation du Canada, 2015), 1–2, 3, 57, consulté le 11 juin 2015.
  • 25 : Fontaine, voir « Avant-propos » de ce livre.

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