Ce chapitre est tiré de la section Par la suite de Vies volées.

La vie des Peuples Autochtones du Canada est profondément entrelacée avec l'histoire coloniale du pays, pendant laquelle ils ont été privés par le gouvernement et d'autres agences des droits qui leur avaient été accordés par des traités juridiquement contraignants et de leurs terres, qui ont été saisies illégalement par le gouvernement et des développeurs privés. Aujourd'hui, les personnes et les communautés autochtones cherchent à réconcilier leur vision du monde, leurs traditions et leurs aspirations à l'auto-expression et à l'autonomie avec la réalité politique et sociale du Canada du 21e siècle. Cependant, un enjeu plus grand et plus universel est lié à cette question. Qu'est-ce qui fait de nous des membres d'une société libre? Dans les sociétés démocratiques, l'hypothèse fondamentale est que les droits individuels, l'égalité devant la loi et un mécanisme de protection contre l'interférence dans les choix individuels garantissent la plus grande liberté à tous. Certains affirment que ces moyens de défense sont également la meilleure protection contre les préjudices et la discrimination.

La lutte autochtone remet en question certaines de ces hypothèses et nous force à examiner de plus près les idées sous-jacentes à nos démocraties. Plus particulièrement, elle expose les tensions entre les libertés individuelles et collectives. La tension existe parce qu'en démocratie, les affiliations religieuses, politiques ou ethniques d'une personne sont perçues comme secondaires à son appartenance à une communauté nationale. Par exemple, le gouvernement et le Parlement, en tant que représentants de la nation dans son ensemble, sont les entités qui prennent les décisions sur les politiques et les nouvelles lois. Les groupes religieux, les minorités ethniques et les organisations politiques ne peuvent pas imposer leurs opinions au reste de la nation. En fait, la citoyenneté est donnée à tout le monde, peu importe les affiliations religieuses, politiques ou ethniques. Toutefois, de nombreux groupes autochtones au Canada réclament des droits pour leurs membres en tant que personnes, mais également une autonomie à l'intérieur ou, dans une certaine mesure, aux côtés de la nation du Canada. Ils demandent le droit d'exercer leur autonomie en tant que peuple pour contrôler leur propre destiné, en tant que personnes et en tant que groupes.

À quoi ressemble la lutte des Premières Nations, des Métis et des Inuits pour leurs droits préexistants? Qu'est-ce que les activistes et les leaders cherchent à accomplir? La première partie de ce chapitre examine les défis dont nous venons de parler, et la deuxième partie se concentre sur le Collège de la première nation de Blue Quills. Dans les dernières lectures de ce chapitre, nous aborderons les histoires sur la façon dont les jeunes utilisent leur histoire et leur culture pour faire un pont avec les autres et vers l'avenir.

Questions directrices

  1. Est-ce que les droits individuels sont suffisants pour garantir la liberté de toutes et tous?
  2. Quels types de droits un groupe devrait-il avoir lorsque ses membres cherchent à s'exprimer en tant que groupe, et pas seulement en tant qu'individus?
  3. Est-ce que la démocratie canadienne peut accommoder les Peuples Autochtones qui affirment que, dans les faits, ils constituent une nation souveraine ?

Citations

  • Premières Nations : Les Premières Nations vivent en Amérique du Nord depuis des dizaines de milliers d'années. Aujourd'hui, le terme fait référence aux quelque 617 communautés différentes, traditionnellement formées d'environ 400 personnes. Ces nations affichent une grande richesse et une grande diversité d'identités, de cultures et de coutumes. Plusieurs voient l'Amérique du Nord comme leur patrie traditionnelle et ne reconnaissent pas certains aspects de la souveraineté des États-Unis et du Canada. Avec les Métis et les Inuits, les Premières Nations font partie d'un plus grand groupe officiellement appelé Peuples Autochtones du Canada.
  • Métis : Le terme décrit de façon générale les descendants d'ancêtres européens et des Premières Nations. Au sens plus restreint, Métis fait seulement référence aux descendants des peuples des Premières Nations et des colons français au Manitoba. L'histoire des Métis est le reflet du brassage culturel des différentes façons de vivre pendant la période de la traite des fourrures en Amérique du Nord au dix-septième et au dix-huitième siècles. Éventuellement, ces descendants ont développé une langue, une culture et des traditions différentes.
  • souveraine : La souveraineté définit la liberté d'un État de s'occuper de ses propres affaires internes et de gouverner ses propres citoyens. Certains concepts de la souveraineté ne sont pas exclusifs : de nombreux concepts de l'auto-gouvernance des Premières Nations peuvent être (et sont dans les faits) accommodés dans le système politique canadien.
  • autochtones : Terme dont l'étymologie est liée au terme latin du milieu du dix-septième siècle aborigines, qui signifie « premiers habitants ». Autochtone est le terme juridique privilégié au Canada pour le grand groupe diversifié des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

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